Quelle place pour l'élève dans l'institution ?
Plusieurs invités au colloque FUSE du 25 novembre 2017, déploraient l'oubli fréquent de l'élève dans la mise en place des politiques artistiques...Un véritable paradoxe, l'élève ne devrait-il pas être au centre des préoccupations ?

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Véritable fil rouge de cette année 2018, ce questionnement centré sur l'élève (retrouvez un extrait du colloque de novembre dernier), nous a encore réunis le 17 mars dernier autour des questions suivantes.

Quels sont les choix possibles de l'élève en matière d'éducation artistique ? Les passerelles ? Son bien-être, son emploi du temps sont-ils pris en compte par les divers partenaires privés ou publics ? Sa famille a t'elle une place, est-elle entendue par l'institution ? 

Nos invités : Jehanne VION, art-thérapeute ; Yves GRUSON, directeur du conservatoire de Paris 11ème ; Olivier VOIZE, Directeur du conservatoire de Sarcelles ; Serge MARINE, DASCO / Ville de Paris ; Philippe BASSEREAU, directeur de l'école élèmentaire Keller (Paris 11), ont apporté leurs témoignages, leur expertise de la situation actuelle dans les différents lieux où les enfants sont amenés à découvrir une pratique artistique.

En vrac, voici quelques uns des questionnements qui ont nourri le débat.

60% des élèves au conservatoire abandonnent avant la fin du 1er cycle

La question de la pédagogie, de l'art de transmettre a été posée, mettant en lumière l'importance de la formation des enseignants artistiques. Il a été rappelé que les artistes qui interviennent dans les établissements scolaires ou périscolaires sont généralement tournés vers leur création et rarement dans un mouvement naturel de transmission auprès des plus jeunes. D'où la nécessité de travailler ensemble et d'un accompagnement de l'artiste par d'autres professionnels : dumistes, professeurs, animateurs...

Par ailleurs, quel rôle l'élève a-t-il dans sa propre formation ? Les cursus en conservatoire semblent bien rigides... même si de nombreux aménagements ont été mis en place dans les établissements pour assouplir le cadre.

Une autre préoccupation touche à l'organisation des enseignements en début de formation : l'élève musicien ne peut pas toujours être aidé à la maison par ses parents. Peut-on alors imaginer d'autres modèles de cours ? L'élève débutant ayant la plupart des cas un cours par semaine, comment faire pour qu'il multiplie son contact avec l'instrument ? Ce constat n'est pas tout à fait le même pour les élèves danseurs ou pratiquant le théâtre.

Alors que les shémas d'orientation pédagogique sont discutés au sein des divers organismes liés à l'enseignement artistique, la question de la réalité de la pratique s'évère cruciale. Ce monde inconnu est ainsi forcément fantasmé par l'élève débutant. Comment l'accompagner au mieux pour éviter l'échec ? 

Réduire l'échec / Repenser le temps scolaire

Mais alors, comment la famille peut-elle faire face à un emploi du temps surchargé tant les trajets école-conservatoire-maison-MJC... sont nombreux ? Peut-on imaginer un partenariat école-lieux artistiques qui permettrait d'alléger les plannings des familles par un accompagnement de l'institution scolaire sur les trajets ?

Alors que l'amplitude horaire de l'école est un frein aux activités extra-scolaires, les CHAM/CHAT/CHAD apparaissent comme une alternative à développer. Et de d'autant plus que certains enfants en échec à l'école, tirent profit d'un enseignement artistique qui les valorisent et leur permet de revenir vers la réussite scolaire. Enfin, l'enseignement artistique facilite parfois l'accès à d'autres apprentissages, notamment pour les savoirs fondamentaux (mathématiques par exemple). 

Les expériences d'orchestre à l'école, ou de chorale, permettent notamment de développer chez l'enfant, la rigueur, la concentration, l'écoute de l'autre, la satisfaction de faire partie d'un collectif. Or, retrouver le vivre ensemble est aujourd'hui une priorité forte de l'éducation nationale. 

Passer au-dessus des repésentations pour créer l'envie

Reste la question de l'envie de l'enfant de découvrir, puis développer, une pratique artistique, alors qu'ils sont encore trop nombreux à penser que "ce n'est pas pour eux". 

Ce qui crée l'envie chez l'enfant, c'est souvent de voir les autres en représentation. Créer l'envie, c'est aussi passer au dessus de certaines représentations de genre des élèves et de leurs familles. L'équipe pédagogique se doit d'être motivée et soudée pour lutter contre les idées reçues. C'est également de rechercher le plaisir simple de l'élève, lequel deviendra ou non professionnel, plaisir qui prime sur toute instrumentalisation des parcours artistiques. 

Enfin, l'important est de déclencher chez l'enfant l'élan créateur, afin qu'il soit à même de s'approprier les techniques pour s'exprimer, qu'il devienne pleinement un artiste en herbe. Le travail des professionnels est donc d'aider l'enfant à trouver son élan créateur, quel qu'il soit...

 

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Mis à jour le 26/03/2018